Réservé aux professionnels

Interview de Sébastien COJEAN :

Road to Dakar 2022 !

10/11/2021

Bild Sébastien Cojean

Sébastien Cojean, pilote et collaborateur de FÖRCH France, sera sur la ligne de départ du prochain Dakar 2022, dans la catégorie moto - Originl by Motul - pilote sans assistance. Pour cette seconde participation, FÖRCH renouvelle son partenariat et soutient son collaborateur dans cette aventure aussi bien sportive qu'humaine. Sébastien nous a accordé un peu de son précieux temps en phase de préparation, pour répondre à quelques questions sur sa passion, sa motivation et sa préparation :

Bonjour Sébastien et merci de nous accorder cette interview !

Commençons par le commencement : Comment es-tu entré dans le monde de l’enduro/de la moto ?

J’ai commencé à faire du vélo à 4 ans, puis du bicross, je suis monté en compétition jusqu’à participer à des épreuves au Palais Omnisport de Paris Bercy. A l'âge de 13 ans, je suis passé à la moto, mais je n'avais pas d'argent pour m'en payer une, alors d'empruntais celles des copains, des routières ou des moto-cross. 

1e moto à quel âge ?

J’ai pu m’acheter ma 1e moto-cross à l’âge de 27 ans.

Tu as participé à de nombreuses courses. Quel est ton meilleur souvenir en compétition ?

Je m’en souviendrai toute ma vie. C’était un 3 novembre et c’était une semaine après l’achat de ma 1e moto : je terminais à la 3e place d’une course de moto-cross à Ajaccio, où il y avait 40 engagés !

Après oui, j’ai participé à de nombreuses courses : le championnat de Corse, de Provence, en France et en Europe. J’ai même participé à une épreuve du championnat du monde - le Rallye Merzouga au Maroc – pour me qualifier pour le Dakar 2020. Je n’ai participé qu’à des courses, jamais de championnat complet, car c’est compliqué de partir sur le continent tous les mois.

1e Dakar en 2020, quel est ton plus beau souvenir sur cette édition ?

Il y en a tellement…Décrocher la qualification pour le Dakar 2020 est un moment inoubliable : sur 300 pilotes, 100 passent la ligne d’arrivée et seulement 34 étaient pris !

Après sur le Dakar, c’est tous les jours. C’est le problème et la magie du Dakar. A partir du moment où tu arrives sur le Dakar, tu as des frissons pendant 15 jours. Pour moi, c’est un rêve de gosse. Quand tu montes sur le podium de présentation des pilotes et que tu as devant toi, les autres concurrents, les spectateurs et les journalistes du monde entier, c’est fou ce que tu vis.

C’est une passion, je suis féru de cela. C’est comme un enfant dans un parc d’attraction, c’est la magie du Dakar. Je dormais 3 heures par nuit, j’ouvrais la tente, je voyais le drapeau du campement flotter, le sable et c’était reparti.

Le plus douloureux ?

Après quelques kilomètres, tu rentres dans le bain. La caravane du Dakar, c’est un rouleau compresseur. Jour après jour, tu pars le matin et tu dois aller jusqu’au bivouac le soir, les gens ne sont pas fatigués, tu ne ressens pas la fatigue tellement tu es dedans, mais ceux qui n’en peuvent plus tombent.

Avec la déchirure des ligaments de ma main, qui avait triplé de volume, je n’avais pas mal, mais je ne pouvais plus freiner. Mais j’avançais. On n’a plus de limite, on fait notre sport et tant qu’on n’a pas de problème, on enquille, jusqu’à ce que le soleil tombe. On est à fond.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de repartir sur le Dakar après ta 1e participation en 2020 ?

Tu ne peux pas faire un Dakar sans assistance chaque année, car tu mets déjà 6 mois à t’en remettre. On rentre en janvier et les inscriptions arrivent fin avril !La fatigue n’arrive pas tout de suite au retour, seulement quelques mois après, et quand je rentre, je ne peux plus faire de moto, tant par la fatigue physique que par la charge émotionnelle.

Après il y a l’envie et ma famille, mes amis et mes clients m’ont poussé. Et face à un tel engouement, on remet la machine en route. C’est cet ensemble qui fait que tu as envie de repartir.

Un point sur ta préparation physique pour le Dakar 2022, et sur celle de la moto ?

J’ai débuté ma préparation pour le Dakar en avril avec les entrainements fonciers. J’ai consacré le mois d’août à ma préparation 100% Dakar avec des sorties longues de 4 heures minimum en variant footing, vélo, marche ou natation pour préparer mon corps à la charge physique qu’exige le Dakar. J’ai parcouru le GR20, un des treks des plus difficiles, en 6 jours, j’ai roulé plus de 2.000 km à vélo et j’ai nagé de 2 à 4 heures par jour. Aujourd’hui, je suis passé à 2 entrainements par jour, je m’entraine avant et après le travail.

L’avantage d’être VRP, c’est que quotidiennement dans ma profession, je travaille les réflexes mémoire et la rapidité d’exécution. On doit penser à tout, tout le temps. Et je transpose ces qualités dans le sport.

Je travaille mes réflexes, ma rapidité d’exécution avec le jeu des couleurs. J’apprends à mon corps à travailler à toutes les heures, avec de grandes amplitudes horaires, pour me préparer à toutes les situations possibles sur le Dakar.

Pour la moto, c’est plus compliqué actuellement, car beaucoup de pièces ne sont pas disponibles. La moto part entre le 21 et le 23 novembre et je dois encore effectuer la révision et changer les pièces d’usure. Mais j’attends les pièces, qui doivent m’être livrées.

J’ai réglé mes suspensions le week-end dernier, avec les préparateurs de 4-42 Suspensions, spécialement venus du continent. Les suspensions d’usine ont été réglées en fonction de mon poids, de ma conduite et de la typologie du terrain que je vais rencontrer. Et le week-end, je roule sur ma moto d’enduro, samedi et dimanche, toute la journée pour rouler l’équivalent d’une journée et demie du Dakar.

Comment te sens-tu globalement ?

Je me sens bien. Les tests physiques effectués il y a 15 jours montrent que je suis au même stade de préparation que lors de mon départ en 2020. J’ai donc une meilleure préparation.

Quel objectif sur ce Dakar 2022 ?

 Le 1e objectif est déjà de prendre le départ et de passer la ligne d’arrivée. C’est une course tellement difficile, les pilotes ne parlent pas de classement. Il y a la médaille du gagnant et la médaille des finishers. C’est tellement long et dure en malle moto, que je n’ai pas d’objectif. Quand je rentre le soir, je fais ma mécanique. Il y a très peu de pilote malle moto français à faire le Dakar.

Merci Sébastien pour le temps que tu nous as accordé. Nous te souhaitons une excellente préparation pour le Dakar 2022 !

Retour au sommaire